Alimentation

 

L’alimentation est un facteur primordial pour la santé des animaux et a un effet incontestable sur la rapidité de développement des jeunes ainsi que les performances des femelles en termes de reproduction. Il est donc fondamental de les nourrir avec soin, ce qui implique de respecter un certain nombre de règles. Il est bien évident que celles relatives aux aliments d’origine animale ne concerneront pas ( ou de façon accessoire) les Uromastyx adultes qui sont essentiellement végétariens.

La première tient à la qualité de la nourriture. Pour qu’un aliment animal ou végétal, puisse répondre aux besoins nutritifs d’un reptile, il faut qu’il recèle certains éléments (protéines, vitamines, minéraux), mais aussi et surtout qu’il contienne deux fois plus de calcium que de phosphore, sinon l’animal développe à terme une maladie métabolique grave appelée ostéofibrose nutritionnelle, que nous verrons en détail. Ce risque est particulièrement élevé chez les juvéniles (à cause de leur rapidité de croissance et des besoins en calcium qu’elle implique) et chez les femelles reproductrices à cause des dépenses métaboliques, en calcium qu’elle implique) et chez les femelles reproductrices (à cause des dépenses métaboliques, en calcium surtout, qu’entraîne la formation des œufs).

Pour éviter ce type de problème, il suffit de distribuer des aliments bien équilibrés, dont nous dresserons la liste dans le prochain paragraphe, ou de tricher en nourrissant correctement les insectes d’élevage).

En effet, et ceci constitue la seconde règle de base, il faut apporter un soin particulier à la nutrition des proies elles-mêmes.

En effet, par application du principe de la chaîne alimentaire, lorsqu’un prédateur (votre lézard) ingère sa victime, il absorbe les aliments qu’elle a ingurgité lors de son dernier repas et qui se trouvent encore dans son tube digestif. Il est évident que si elle a été peu ou mal nourrie préalablement, sa valeur nutritive sera faible, voire nulle.

Par ailleurs, les insectes d’élevage classiques (grillons, criquets, et surtout vers de farine) ont une teneur naturelle en calcium trop faible par rapport à leur teneur en phosphore. Il est donc vital de les rééquilibrer en leur faisant absorber des aliments riches en calcium, comme nous le verrons dans le prochain paragraphe.

De même, les souriceaux encore roses et glabres, contrairement à ceux qui commencent à avoir des poils, ont un ratio calcium/phosphore imparfait. Il est donc souhaitable de les saupoudrer de calcium (sous forme de poudre d’os de seiche) ou de les distribuer aux lézards immédiatement après les avoir séparés de leur mère, tant que leur tube digestif contient du lait.

Toujours en application de la notion de chaîne alimentaire, si l’on collecte des insectes dans la nature, ce qui est une excellente chose, il faut éviter de le faire près d’une zone cultivée ou susceptible d’avoir été traitée aux pesticides, le risque étant, évidemment, d’intoxiquer le lézard par le biais d’une proie contenant des substances nocives.

La quatrième règles est de varier au maximum les menus, afin d’éviter les carences ainsi que l’apparition d’une anorexie provoquée par une lassitude alimentaire.

La cinquième règles est d’adapter la taille des aliments à celle de l’animal.

Pour que la digestion s’effectue correctement, il faut que la taille de la proie n’excède pas celle de la tête du lézard. Il vaut mieux distribuer plusieurs petites proies qu’une grosse que le reptile aurait des difficultés à assimiler.

En ce qui concerne les végétaux, cette règle reste évidemment valable. On a d’ailleurs observé, chez les Pogonas, que les quantités de végétaux consommées étaient plus importantes lorsqu’ils étaient présentés en petits morceaux.

Cette exigence quant à la dimension des aliments est réellement vitale dans le cas de Pogonas juvéniles, chez lesquels l’ingestion d’une trop grosse bouchée peut avoir des effets dramatiques tels que régurgitation de la proie, convulsions, paralysie irréversible du train arrière, voire mort.

Elle peut-être nuancée dans le cas des adultes (par exemple, un gros Pogona peut, sans inconvénient, ingurgiter une souris adulte).

Les femelles gravides, en raison de la place qu’occupent les œufs dans la cavité abdominale, ont des difficultés à digérer de grosses proies et les refusent d’ailleurs la plus part du temps. Elles auront donc besoin de proies plus petites que d’habitude. En ce qui concerne les végétaux, il faudra les découper en morceaux de dimension adaptée.

Autre précaution importante, il faut surveiller le comportement des proies. Il arrive souvent qu’un insecte ou un rongeur tente d’inverser les rôles et s’attaque à un lézard ou à une ponte.

Pour prévenir ce type d’accident, il suffit de distribuer le nombre de proies nécessaire pour rassasier les reptiles et retirer celles qui n’auraient pas été consommées au bout d’une trentaine de minutes, quitte à proposer plusieurs repas dans la journée.

Il faut être réellement vigilant car une souris, un grillon, un vers de farine, une blatte ou même un criquet peut blesser, voire tuer un dragon, surtout s’il s’agit d’un juvénile.

Il est conseillé de nourrir les agames barbus de végétaux au moins à raison de 50% de la ration totale. Il semblerait, en effet, qu’une alimentation trop riche en protéines animales favorise des troubles tels que des blocages articulaires, des dépôts d’acide urique au niveau des reins, ou encore une dégénérescence du foie. Ce type de pathologie touche également les Uromastyx.

Il est vital de nourrir avec un soin particulier les juvéniles, en raison de leur grande rapidité de croissance, qui entraîne des besoins nutritionnels conséquents, et afin d’éviter les accidents, spécialement si l’on élève en groupe des Pogona. En effet, on a observé que ces derniers, au cours de leurs quatre premier mois d’existence, ont tendance à se mutiler mutuellement la queue ou les pattes en cas de fringale. Il est donc impératif de les nourrir très régulièrement, si possible deux fois par jour, en leur donnant assez de nourriture pour les rassasier, mais en retirant les proies excédentaires qui n’auraient pas été consommées, et qui risquerait de stresser les jeunes lézards, voire de s’y attaquer.

Enfin, concernant l’heure des repas, nous vous suggérons de distribuer si possible des aliments au moins une à deux heures après l’allumage de l’éclairage et du chauffage car les animaux ont alors pu élever leur température interne à un niveau suffisant pour avoir faim et pouvoir digérer et au moins trois à quatre heures avant la coupure nocturne du chauffage, afin que les lézards aient le temps de digérer. 

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